Durées de conservation et traçabilité

Thierry Dubois Directeur Technique Colddistribution
Thierry Dubois
Directeur Technique — Colddistribution · 22 ans d'expérience CHR
✓ Guide technique
"Ce qui coûte cher après une panne, ce n'est pas la panne : c'est de ne pas savoir combien de temps elle a duré. Sans historique, on jette tout par précaution. Avec une courbe, on sait ce qui est récupérable et ce qui ne l'est pas."
⚡ En bref
La DLC indique une limite de sécurité, la DDM une limite de qualité. Une préparation culinaire réfrigérée ne peut dépasser le troisième jour après fabrication, sauf étude permettant d'en fixer une autre. Côté traçabilité, aucune fréquence ni durée d'archivage universelle n'est imposée : c'est votre plan de maîtrise sanitaire qui les fixe, et un contrôle vérifie que vous appliquez ce que vous avez écrit.

La traçabilité repose sur deux volets distincts : la durée de vie des produits, et la preuve que les températures ont été tenues. Cette page traite les deux et ce qu'ils impliquent en pratique. Elle approfondit notre guide HACCP et sécurité alimentaire.

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Sommaire

Quelle différence entre DLC et DDM ?

Les deux dates

La DLC, date limite de consommation, est une limite de sécurité : au-delà, le produit peut présenter un risque. Elle figure sous la mention « à consommer jusqu'au ». La DDM, date de durabilité minimale, est une limite de qualité : le produit reste consommable au-delà, avec des caractéristiques éventuellement dégradées. Mention « à consommer de préférence avant ».

La distinction est loin d'être théorique. Un produit à DLC dépassée se retire, sans discussion. Un produit à DDM dépassée relève d'une appréciation — et sa mise en vente est encadrée mais pas systématiquement interdite.

✅ À retenir : repérez laquelle des deux mentions figure sur chaque produit. La confusion entre les deux conduit soit à jeter inutilement, soit à conserver ce qui ne devrait plus l'être.

Combien de temps après ouverture ?

Vie secondaire

Dès qu'un conditionnement est ouvert, la date imprimée ne s'applique plus : le produit entre dans sa vie secondaire, dont la durée relève de votre responsabilité d'exploitant. C'est pourquoi l'étiquetage interne — date d'ouverture et nouvelle date limite — n'est pas une formalité.

Pour les préparations culinaires réfrigérées que vous fabriquez, la règle est celle rappelée dans notre guide HACCP : la DLC ne peut excéder le troisième jour suivant la fabrication, sauf si une étude vous permet d'en fixer une autre.

On entend circuler des durées toutes faites pour les produits entamés — trois jours pour un jambon, deux pour telle autre denrée. Ces valeurs viennent d'habitudes de métier, parfois de guides de bonnes pratiques, jamais d'une règle universelle. En l'absence d'indication du fabricant, c'est à vous de définir et de justifier la durée retenue.

⚠ Le piège de l'étiquette : un produit sans identification est un produit à jeter, quel que soit son état apparent. C'est la règle la plus simple à appliquer et la plus souvent enfreinte en fin de service — la barquette sans date qu'on garde « parce qu'on sait ».

Que doit contenir un relevé de température ?

Le registre

Un relevé exploitable identifie quatre choses : quelle enceinte, quand, quelle température, et qui a relevé. Sans l'un de ces éléments, il perd sa valeur de preuve — une température sans heure ne démontre rien.

Le support importe peu : papier ou numérique se valent sur le principe. Ce qui compte, c'est la continuité et la cohérence avec ce que vous avez écrit dans votre plan de maîtrise sanitaire.

L'enregistrement automatique apporte deux choses qu'aucun relevé manuel ne fournit : la couverture des nuits et des week-ends, et la suppression de l'oubli. Le sujet du matériel est traité dans notre guide sur les capteurs, alertes SMS et enregistreurs connectés.

Combien de temps faut-il conserver les enregistrements ?

Archivage

Certains pensent qu'une durée légale unique s'applique à tous. Ce n'est pas le cas : la durée de conservation des enregistrements se définit dans votre plan de maîtrise sanitaire, en cohérence avec la durée de vie de vos produits et votre activité.

La logique de bon sens consiste à couvrir au minimum la durée de vie des denrées concernées, augmentée d'une marge permettant de remonter en arrière si un problème est signalé après coup. Un établissement travaillant en frais à rotation rapide n'a pas les mêmes besoins qu'une cuisine centrale.

Si un guide de bonnes pratiques d'hygiène validé existe pour votre filière, c'est lui qui vous donnera la référence attendue dans votre secteur.

✅ À retenir : écrivez votre durée d'archivage dans votre PMS et respectez-la. Un contrôle vérifie la cohérence entre vos procédures écrites et votre pratique réelle.

Que faire en cas de rupture de la chaîne du froid ?

Gestion de l'incident

Premier réflexe, contre-intuitif : ne pas ouvrir la porte. Une chambre fermée conserve son froid bien plus longtemps qu'on ne l'imagine ; chaque ouverture pour « vérifier » accélère la remontée.

"Le réflexe naturel, c'est d'aller voir. Et à chaque fois qu'on ouvre pour constater que ça monte, on l'aide à monter. Si la sonde vous donne l'information de l'extérieur, laissez la porte fermée." — Thierry Dubois

Ensuite, documenter. Heure de début si elle est connue, température maximale atteinte, durée du dépassement, décision prise et son motif. Ce rapport d'incident est ce qui distingue un professionnel qui maîtrise d'un professionnel qui subit.

La décision sur les denrées se prend au regard de la durée et du niveau du dépassement — pas de l'un ou l'autre isolément. Un bref écart pendant un dégivrage n'a rien à voir avec plusieurs heures au-dessus du seuil. Sans historique, cette distinction est impossible et l'on jette tout par précaution.

✅ À retenir : écrivez votre procédure de rupture de froid avant d'en avoir besoin : qui prévenir, où transférer, qui décide. En pleine panne, personne n'improvise correctement.

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Questions fréquentes

Quelle différence entre DLC et DDM ?

La DLC est une limite de sécurité : au-delà, le produit se retire. La DDM est une limite de qualité : le produit reste consommable, avec des caractéristiques éventuellement dégradées.

Combien de temps se conserve une préparation maison réfrigérée ?

Sa DLC ne peut excéder le troisième jour après fabrication, sauf si une étude permet d'en fixer une autre.

Combien de temps garder un produit après ouverture ?

Il n'existe pas de durée universelle. En l'absence d'indication du fabricant, c'est à l'exploitant de la définir et de la justifier, puis de l'étiqueter.

Combien de temps archiver les relevés de température ?

Aucune durée unique ne s'impose. Elle se fixe dans votre plan de maîtrise sanitaire, en couvrant au moins la durée de vie de vos produits.

Que faire si la chambre froide tombe en panne ?

Ne pas ouvrir la porte, documenter l'incident — heure, température maximale, durée — puis décider au regard de l'ampleur et de la durée du dépassement.

Faut-il jeter systématiquement après une coupure ?

Non, la décision dépend de la durée et du niveau du dépassement. Sans historique de température, cette distinction devient impossible et la précaution impose de tout écarter.